Le tour de L’éventualité improbable
de haut en bas
à suivre
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Le tour de L’éventualité improbable
de haut en bas
6 juillet
collage, bavardage et vernissage
1 vois 1
Florence Vernier
2006-2009
Images de voisinage ; d’une cour d’immeuble scrutée pendant 3 ans.
Des corps revenant de manière récurrente, parfois à heures bien précises. Un angle de prise de vue presque toujours identique.
Ne plus faire des photographies que planqué derrière sa fenêtre, clairement séparé de ce que l’on voit. Devenir dépendant du rythme des voisins; constamment à l’affût, d’une lumière, d’un geste, d’un accident?
Jouer avec l’interdit, le risque de se faire prendre et prolonger ce risque en dévoilant le résultat de ces veilles.
SHANGRI LA / Alexandre Maubert / projection dimanche 4 à partir de 20h
Shangri-La ou l’utopie d’une ville durable.
Sortie des eaux à 60 km de Séoul dans la province d’Incheon, la ville de New Songdo City est conçue comme la première ville ubiquitaire du monde. Encore actuellement en construction, elle a été pensée comme un terrain d’expérimentation de toutes les nouvelles technologies possibles et imaginables.
Anne-Claire Broc’h, Matilde Brugni, Géraldine Jeanjean, Sunghee Lee, Alexandre Maubert, Blaise Perrin, Gilles Pourtier, Florence Vernier
Alain (extrait de Aumont)
Géraldine Jeanjean
Aumont est dans la région la moins peuplé de la France. J’ai passé mes étés ici. Il reste un coin retiré où nous nous réunissons pour passer un autre été ensemble ; le plus proche possible de ce qu’est une famille. Mais, c’est une illusion. J’ai toujours ressenti une fascination pour cet endroit ; palpable frontière entre qui j’étais et ce qu’il est. Maintenant, tant que les dernières traces demeurent, je veux saisir cet endroit avant qu’il ne disparaisse complètement, afin d’en retenir «ce» souvenir (…)
Mentionner ‘l’éventualité improbable’ c’est déjà soulever la probabilité qu’advienne cette éventualité …
Dans l’éventualité improbable d’un accident - texte de recherche
acb / mars 2010
Mentionner ‘l’éventualité improbable’ c’est déjà soulever la probabilité qu’advienne cette éventualité. Faut-il alors se sentir concerné par cette annonce ? Faut-il remercier la voix mécanique qui nous informe que le désastre est peut-être tout proche, tout en étant sûr de ne pouvoir sauter de l’avion ? Ou rester indifférent, tant la contradiction contenue dans l’indication soumet son sens à une autodestruction immédiate ?Ou sauter dans la faille ?
A défaut de trouver un usage concret de cette information, pouvons nous alors, tremblant de peur et secoués de mauvais pressentiments, nous réfugier un moment au creux de l’imaginaire qu’elle fait surgir. Reprendre notre souffle et convoquer, les yeux fermés, les tout petits accidents, les incidents, les étincelles et les souvenirs, les accidents de surface, ceux que l’on choisi délibérément de côtoyer, par fascination ou désespoir.
Un accident marque. Il est incident ou catastrophe, s’oublie ou s’efface plus ou moins, laisse des traces, traumatismes et cicatrices. Sur terre, sur mer, en l’air, nous devons nous en accommoder, vivre avec sa présence, sa menace. Nous nous troublons pour des zones de probables accidents, nous avons le goût du danger. L’esthétique des objets de protection et de secours ne nous laisse jamais indifférents (barrière, masque et cartographie préventive, échelle, couleurs blanches et rouges, oxygène) . Nous représentons les traces, les constats, les cicatrices, les pansements. Nous allons parfois jusqu’à provoquer cet accident, imprudents réveillant l’éventualité improbable, inconscients à l’approche du danger, à croire toujours à la faveur des petits soldats de plomb.
Le choix de l’accident, c’est le choix de l’intranquilité. Nous n’avons pas pris de parachute, nous ne sommes pas rassurés, nous ne sommes pas protégés. Mais finalement nous avons appris à aimer cette vie moins lisse, cette existence de tremblements.
Cette ‘explication’ préfigure la dynamique dans laquelle nous concevons cette exposition collective ; les images que nous réunirons à l’occasion construiront quelque sorte une fabrique de nos fantasmes et de nos peurs. La photographie, à travers son histoire et son actualité interroge la notion d’accident, car elle est le médium du constat par essence, image du ‘ça a été’. Ce qui se joue alors pour nous est la construction d’un espace concret qui s’indexe à l’histoire de la photographie et de l’art tout en se revendiquant du contemporain ; du passé au futur, du ‘ça a été’ au ‘ce sera’ (dans l’éventualité) .



